Vivre, (sur)vivre pendant le confinement… Tips & Bonnes pratiques

Paris is Happy
Paris Head Under The Moon Photo Tamara Magaram

Le confinement est un exercice intérieur assez ardu, par moment nous pouvons le vivre comme une chance, une occasion de se (re)trouver, d’être avec soi, de méditer, puis par moment ces instants de paix et de tranquillité s’effacent et laissent place à toutes les inquiétudes, angoisses et obsessions qui peuvent exister dans un esprit humain.

Il me semble que c’est tout à fait normal, que c’est l’expérience même de la vie. Alterner entre bonheur, paix, repos et souffrance, tiraillement, inquiétudes…

Je suis une personne au passé anxieux et depuis quelques années je m’intéresse aux traitements naturels de l’anxiété, de l’angoisse, et voici quelques tips que j’utilise :

1/ Savoir identifier qu’un moment d’angoisse ne dure pas mais qu’il surgit un peu comme ça, comme un nuage sur un ciel bleu dans le quotidien. Je me répète alors « tout passe, tout passe », cela paraît trivial mais cela fonctionne pour moi. Même pour ceux qui font d’intenses crises d’angoisse, elles passent et ne durent pas. Sur le moment, il faut pratiquer la respiration ventrale, gonfler son estomac avec de l’air en inspirant, bloquer puis relâcher. En revanche mieux vaut consulter en entamer une thérapie, c’est le véritable traitement de fond pour voir ces vilaines crises partir.

2/ Vivre 24 Heures à la fois, un jour à la fois. Cet enseignement est pratiqué par bon nombre de personnes en sevrage d’addiction, ils se retirent du quotidien, rompent avec leurs habitudes, et vivent un jour à la fois. J’applique cette discipline pendant le confinement. je vis pour 24 Heures . Un jour à la fois. Je prévois pour 1 journée. Le reste je verrai plus tard. L’essentiel uniquement pendant la période: le travail, ma santé, mes liens avec autrui…

3/ Faire des listes: Dans les périodes vides, ou de solitude, on peut rencontrer des peurs comme celle d’avoir échoué par exemple, ou d’être passé à côté de sa vie, je pense que l’immobilité et l’inaction permettent à cette peur de surgir, le mouvement du monde empêchait de trop penser. La solitude peut provoquer cela, et c’est une peur illusoire, un sentiment de ne pas avoir réussi sa vie, d’être seul à ressentir cela, c’est une conséquence de l’arrêt du rythme de la vie d’avant. Dans ces moments, je liste mes réussites passées, et je liste aussi 5 objectifs que je vais vouloir accomplir dans ma vie. On réalise qu’on a fait des choses et qu’on a encore des choses à faire. Cela aide à relativiser, et puis après tout on fait de notre mieux dans une vie, vivre n’est pas une chose évidente, on a du se débattre, tenir le coup et le simple fait de vivre est déjà une chose accomplie.

4/ Se prémunir des peurs des autres: il est normal que dans une telle période certaines personnes projettent leurs propres peurs sur autrui, et il faut veiller à ne pas être le réceptacle de ces craintes, surtout si nous sommes un profil empathique. Les gens qui s’inquiètent beaucoup (trop) pour nous, peuvent être à éviter, ainsi que les « ma pauvre » ou « mon pauvre » qui veulent souligner que notre situation est pire que la leur. Ne pas avoir peur de dire:  » ne projette pas sur moi tes propres peurs ». Personne ne peut estimer ou juger notre situation, la vie de chacun se vit et ne se juge pas.

5/ « Accepter le vide », cette phrase se trouve dans un de mes livres préférés: La Pesanteur et la Grâce de la philosophe spirituelle Simone Weil. Et je crois que c’est une phrase clef: Par moment la vie semble vide, rien ne se passe, et c’est ainsi. un tel moment se cueille, il ne sert à rien de lutter, l’acceptation est la clef. ça passe, tout passe …

6/ Garder le lien social, maintenir des rendez-vous avec sa famille ou ses amis, mais choisir de les programmer en amont, comme on programmait nos cafés, nos dîners, nos verres, nos sorties. Là on peut programmer un visio drink, un visio apéro, un déjeuner avec une amie, c’est assez ludique.

7/ Maintenir une routine, le quotidien se structure et il structure la pensée, l’esprit. Ce conseil vient des personnes en sevrage d’addiction: bien garder le rythme avec un réveil à des heures semblables, se laver, s’habiller, rester coquette, ou coquet, avoir des rituels comme le café de 10H le déjeuner à 13H, une pause tisane à 17H, une séance de méditation ou de yoga connectée à 18H … que sais-je ?

8/ Ne pas perdre son énergie dans des schémas de bouc émissaire ou ne pas flirter avec la paranoïa: de nombreuses personnes évacuent leur colère sur des boucs émissaires (le gouvernement, le président, un ou une ministre, un artiste mis en avant, une écrivaine célèbre …) Cette colère ne génère rien de bon, elle abaisse l’énergie vitale et rend aigri, lorsque je vois passer un message haineux, je le zappe. Idem pour les théories complotistes, de nombreuses personnes à l’esprit fatigué, se nourrissent des théories du complot sur l’épidémie. C’est stérile et grotesque. Le mieux est de fuir les sites, les articles ou les personnes qui relaient ces informations erronées.

9/ Accepter les peurs économiques: nous sommes nombreux à affronter une situation économique ou professionnelle incertaine. Nos peurs sont totalement légitimes, et elles viennent de peurs archaïques liées à la survie. C’est normal d’avoir peur, et d’y penser. Peut-être, peut on accepter un moment par jour pour la peur, et si elle se manifeste trop fréquemment il faut consulter un thérapeute par visioconférence. Pour vaincre la peur, j’accepte qu’elle passe par moi et puis je me rassure en me disant que j’aurai les ressources nécessaires pour rebondir dans l’avenir.

10/ Etre tendre avec soi: se faire plaisir, selon vos goûts, vos envies, faites vous kiffer ! Mangez ce que vous aimez, si vous avez (encore) des moyens offrez vous un cadeau de confinement. Si vous n’en avez plus, mettez vos plus beaux bijoux, vos belles robes, vos belles chaussures, profitez de ce que vous avez. Maquillez vous Mesdames si cela vous plait sinon restez démaquillées. Faites vraiment ce que vous aimez faire. Certaines personnes sont habituellement dures avec elles mêmes, elles sont sévères avec elles mêmes, essayez, tant que vous en êtes conscients de ne pas vous « maltraiter » dites vous que vous faites de votre mieux.

Ce moment est douloureux pour certains, plus facile pour d’autres, nécessaire et salutaire pour notre société et pour notre douce France.  Ce qui est rassurant est de savoir que nous partageons tous le confinement, cela peut nous lier.

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